Jeux de société

Rencontre avec le Scorpion Masqué

scorpion masqué

Créé il y a 10 ans, le Scorpion masqué édite des jeux accessibles et originaux qui rassembleront les joueurs de tous âges, les «gamers» comme les joueurs occasionnels. Entrevue avec Christian Lemay, président et concierge de cette maison d’édition québécoise.

Bonjour Christian, peux-tu nous expliquer ce qu’est le Scorpion Masqué?

Le Scorpion Masqué est une maison d’édition qui va fêter ses 10 ans au mois de septembre, un peu avant votre Salon. C’est parti d’une réflexion que j’ai commencée en 2005. Je cherchais un métier dans le milieu du jeu de société qui me permettrait d’en vivre. De cette réflexion, je me suis dit qu’éditeur était le métier qui me donnerait les plus grandes chances de monter une entreprise dans le domaine.

Pour faire mes armes, car j’étais professeur de littérature au Cégep, j’ai inventé un petit jeu simple à 15$ qui m’a permis de faire premières classes. De là est né le jeu « J’te gage que » qui a connu un succès incroyable. On doit être entre 150 000 et 200 000 exemplaires vendus depuis le mercredi 13 décembre 2006!

Quand j’ai démarré l’entreprise, c’était vraiment un rêve fou d’arriver à en vivre. Un truc pas sérieux, impossible! Je vis donc un rêve chaque jour (ne me pincez surtout pas!). J’avais aussi très envie de changer les mentalités, de modifier le regard que les gens posent sur le jeu de société.

Comment est-ce que tu crées tes jeux et d’où te vient l’inspiration?

Avec « J’te gage que », on a pris le contre-pied d’un jeu qui s’appelle « What’s it », un jeu américain où les joueurs on des cartes avec des mots en main. Le but c’est que les autres joueurs disent les mots qu’on a sur notre carte et de finir la soirée sans carte dans les mains. L’idée était vraiment géniale, mais le problème c’est que pour gagner il faut ne pas faire quelque chose alors que ce qu’on veut, dans un jeu, c’est amener les gens à participer. Donc, à la place, j’ai décidé de faire l’inverse. Pendant la soirée on a des défis à réaliser sans se faire repérer.

Tout récemment, j’ai lancé le jeu « Maudite Momie » pour lequel, au lieu de partir de la mécanique, je suis parti du thème. J’avais envie de faire un jeu pour enfants avec une momie et une histoire un peu farfelue. De là, le jeu est devenu un croisement entre le bluff et le « stop ou encore ». C’est un jeu très familial.

maudite momie

Comment choisis-tu tes jeux et en quoi se démarque-t-il?

À une exception près, le jeu « Québec », nous avons 3 mots clés :

  • Simple et accessible : on doit être capable de l’expliquer rapidement, en 60 secondes.
  • Original : qu’il se démarque, qu’il ne soit pas une 50e version du même principe
  • Fun et Drôle : c’est essentiel

J’aime beaucoup quand les jeux font des ponts, quand ils rassemblent les gens. «Maudite Momie» par exemple est accessible à tous les âges et à tous les types de joueurs. Ce sont des jeux qui malgré leur simplicité ont une belle profondeur.

Quels sont tes jeux les plus populaires et comment expliques-tu leur succès?

D’abord, parce qu’ils sont accessibles et simples. Nos jeux les plus populaires sont « J’te gage que » et « La chasse aux Monstres » qui, lui est un jeu pour enfants créé par Antoine Bauza qui n’était pas connu à l’époque où je l’ai signé.

« Le Monde est fou » est un jeu qui se vend extrêmement bien en France. Parfois, j’ai des jeux qui connaissent un succès sur un continent ou sur un autre et on ne s’explique pas toujours pourquoi. Je crois qu’un bon jeu prend 1000 critères pour qu’il fonctionne et il suffit d’avoir un critère raté pour que ce soit un échec.

chasse aux monstres

En 2016 tu as lancé le jeu « Maudite Momie », est-ce que le Scorpion Masqué prévoit d’autres nouveautés pour cette année?

Oui, on travaille sur la réédition de «Miss Poutine». C’est jeu destiné essentiellement au marché québécois paru en 2009 qui s’est relativement bien vendu. Étant donné que les dernières ventes étaient lentes, je n’avais pas fait de nouveau tirage et je l’ai donc laissé petit à petit de côté. Mais les demandes arrivaient régulièrement malgré qu’il était discontinué. Après quatre ans, la demande était toujours présente. On a donc décidé de dessiner de nouvelles illustrations, une nouvelle boîte, du nouveau matériel… Ça va être une super édition!

D’où vient le nom du Scorpion Masqué?

On avait plusieurs idées de noms plus ou moins intéressants, mais on voulait qu’il puisse être personnifié. On aimait l’idée du scorpion, mais c’est un animal qui a tendance à faire peur. Puis, ce scorpion, je le voyais comme un super héros alors, on a essayé de lui ajouter un qualificatif pour le rendre plus « sympathique ». Puis j’ai eu l’idée du Scorpion Masqué qui rassemblait les différents critères que l’on recherchait.

Que penses-tu du marché du jeu de société actuellement?

À mon sens, on vit un âge d’or et on espère que ça continue. Le marché est en pleine croissance malgré l’absence de statistiques officielles. On parle d’un 10 % d’augmentation annuelle depuis 15 ans. Pour un marché établi de longue date comme celui du jeu de société, c’est excellent. C’est devenu quelque chose de cool, de tendance et les jeunes passent leurs soirées dans des bars à jeux.

Qu’est-ce qui explique cela?

Je sais qu’en France il y a eu un gros travail de fond réalisé par, entre autres, Asmodée, avec sa caravane ludique, un Gen Con à Paris, le soutient de TricTrac pour que le marché se développe et que l’information circule. On observe la même chose avec Board Game Geek aux États-Unis. Aussi, le design des jeux s’est amélioré. Il y a 15 ans on avait 4-5 bons jeux qui sortaient chaque année, mais depuis peu c’est 50 jeux extraordinaires qui sortent sur un an.

Aussi, est-ce que les gens ne sont pas tannés d’être devant leur écran après leur journée de travail? Est-ce que le jeu vidéo n’a pas propulsé le jeu de société? On a une génération qui a le réflexe de jouer, même pour un adulte ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans. Comment ça c’est fait? C’est un phénomène très complexe que je ne peux pas encore expliquer

Que pourront trouver les visiteurs à ton kiosque lors du Salon?

Évidemment, il y aura les jeux : Maudite Momie, Qui perd gagne, À la Bouffe (finaliste à l’As d’or)… avec des versions géantes de Miss Poutine, À la Bouffe… Moi je vais être sur place pour que les visiteurs puissent me rencontrer et parler des jeux qu’on crée et qu’on édite.

À la bouffe

Comme tu édites le jeu «À la bouffe » es-tu plus crème glacée ou beigne?

Crème glacée « all the way ». Je suis un joueur d’ultimate frisbee et après un tournoi on s’est rendu au bar laitier. Le temps que toute l’équipe passe au comptoir j’vais fini ma glace molle donc on en a repris une après. Donc crème glacée définitivement.

Un dernier mot pour conclure?

Ça va être le fun donc venez nous voir!

Pour plus d’informations, veuillez visiter le http://www.scorpionmasque.com/fr

Katag : le jeu d’épées-mousse et bien plus!

Katag

Parmi les nouveaux exposants présents au Salon du jeu et du jouet en 2016, Katag présentera aux visiteurs son jeu de cartes et d’épées-mousse. Rencontre avec François Moffet, l’un des créateurs de ce jeu.

Pour commencer, peux-tu nous parler de Katag?

Nous sommes deux anciens éducateurs en service de garde et on a un jour fabriqué des épées en styromousse dont l’objectif était d’amuser les enfants avec lesquelles on travaillait. Graduellement, nous avons créé un système de jeu de tag par équipe. Katag, c’est avant tout une activité sportive d’épées-mousse. Puis, d’autres écoles nous ont appelées, car notre clientèle cible c’est les 5 à 12 ans. Après 4-5 appels, nous avons décidé de démarrer une compagnie d’animation avec épées, arcs et boucliers en mousse. On a donc commencé à se déplacer dans les écoles, les terrains de jeux et les fêtes d’enfants pour faire des animations.

Depuis ce temps-là, nous avons développé la compagnie et le jeu Katag à Québec et Montréal avec des représentants au Saguenay, à Gatineau, à Sherbrooke et à Drummondville.

Katag

Quelles sont les règles du combat d’épées Katag?

En gros, il y a deux équipes qui s’affrontent. Chaque joueur a une épée en mousse, un dossard et des lunettes de protection. La première équipe qui élimine tous les joueurs l’équipe adverse en les touchant marque un point. Après, on joue plusieurs parties en fonction de la durée de l’animation. L’équipe qui marque le plus de points gagne.

Ça, c’est la base. Après, nous ajoutons des personnages, des variantes et items spéciaux : le mage peut délivrer des joueurs mis hors jeu, puis on ajoute d’autres objets comme des boucliers et des arcs.

Vous avez aussi lancé il y a quelques mois un jeu de cartes à jouer, peux-tu nous apprendre un peu plus?

On a commencé à développer un jeu de cartes il y a deux ans sur base des jeux de cartes Magic, Pokémon, Yu Gu Oh… qu’on a simplifié et adapté pour les 5 à 12 ans. On a créé un jeu accessible et familial. Deux joueurs s’affrontent avec une équipe de 4 héros. Ils utilisent des cartes d’actions et d’objets pour améliorer l’attaque et la défense de ces héros. C’est un jeu d’additions et soustractions il y a donc un aspect éducatif.

Aussi, quand tu achètes une boite de jeu (un deck) il y a tout ce qu’il faut pour jouer avec quelqu’un d’autre contrairement aux jeux de cartes de type Magic où l’autre joueur doit aussi posséder un deck de cartes.

Et puis, le jeu est conçu pour que les parents, autant que les enfants, y trouvent du plaisir. Il est vraiment simple à jouer. Il suffit de regarder notre vidéo de 5 minutes pour comprendre les règles et commencer à jouer.

Pour le moment, il y a deux équipes (feu et terre). Présentement, nous travaillons sur un nouveau deck : celui de la nature avec une nouveauté à prévoir : des compagnons animaux.

Cartes Katag

Combien de joueurs de Katag avez-vous actuellement?

On compte un peu plus de 500 joueurs pour le jeu de cartes, mais on anime environ 55 000 enfants dans la province au jeu d’épées-mousse chaque année.

Y a-t-il une complémentarité entre les deux jeux?

C’est le même concept d’affrontement entre deux équipes avec des variantes stratégiques. On retrouve aussi des personnages du jeu de cartes dans l’animation. Par exemple, Furios, du jeu de cartes, est un personnage que nous avons introduit dans l’activité sportive.

Tu parlais d’un côté éducatif à Katag, peux-tu nous en dire plus?

C’est la seule activité sportive qui intéresse tous les types d’enfants, intellectuels compris, car ce n’est pas un sport à objet unique. Par exemple, si tu n’es pas doué au basketball, il est difficile pour toi d’être impliqué dans le jeu. Il est difficile d’avoir accès au ballon. Alors qu’avec Katag, tout le monde a son épée et est impliqué dans le jeu en permanence. Ensuite, c’est un jeu où les valeurs sont importantes. On encourage l’esprit sportif, l’honnêteté et le respect.

Côté création, qui s’occupe du développement du jeu de cartes?

En ce qui concerne la mécanique du jeu, c’est Katag avec l’aide externe de Stéphane Leblond, Jimmy Goyette pour le graphisme et Laura Csajaji aux dessins.

Katag image

Sinon du côté de l’épée-mousse vous innovez aussi?

Katag a conceptualisé et développé sa propre épée en mousse injectée, utilisée lors de nos animations.
On travaille à moyen terme pour avoir un lieu dédié au Katag avec une boutique. Un centre d’amusement familial en quelque sorte.

Dernière question, en parlant d’épées est-ce que tu es plus Zorro ou D’Artagnan?

J’irais avec D’Artagnan. Il est associé à la France, pays que j’aimerais visité.

Un autre manieur d’épée que tu apprécies?

Inigo Montoya. Un personnage du film ‘’La princesse bouton-d’or’’. Un film culte que j’ai dû écouter 10 fois.

Vous retrouverez Katag lors du salon avec une zone de jeu d’épées-mousse et un espace dédié au jeu de cartes.

Crédits photos : Katag

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