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Le Randolph, bien plus qu’un pub ludique!

Depuis maintenant quelques années, plusieurs endroits ludiques ont vu le jour. Le tout premier au Québec fut le Randolph Pub Ludique situé dans le Quartier Latin à Montréal. Nous nous sommes entretenus avec l’un des copropriétaires, Joël Gagnon.

Comment a débuté l’aventure du Randolph? D’où vous est venue l’idée d’ouvrir un pub ludique?

C’est mon frère Francis (fondateur de Sociojeux) qui m’a introduit aux jeux de société contemporains. Toutes les semaines, il me faisait essayer de nouveaux jeux meilleurs les uns que les autres. J’ai tellement apprécié l’interaction sociale que les jeux permettaient que j’ai décidé de dédier ma vie à faire jouer les gens. Je suis donc devenu animateur à mon compte. J’avais des contrats un peu partout à Montréal et j’organisais des soirées de jeux hebdomadaires à la Récréation. C’est d’ailleurs là que j’ai rencontré mes futurs associés, Justin et Benoît. Nous nous sommes rendu compte que la meilleure façon de séduire les gens était en ouvrant un bar où l’animation de jeux était à l’honneur. Nous avons eu la chance dans le processus de développement de rencontrer Normand D’amour, le comédien, qui partageait notre passion et avait le même rêve d’ouvrir un bar de jeux.

Quelle a été la réaction du public lors de l’ouverture du Randolph?

Dès le départ, le niveau d’achalandage était bon et a toujours été croissant, même si ce n’était jamais rempli à pleine capacité. Lors de la période des Fêtes en 2012, il y a eu une explosion de l’achalandage. Cela nous a permis de faire des acquisitions qui nous ont permis d’améliorer le pub de mois en mois puisqu’au départ, c’est avec les moyens du bord que le Randolph est né. La première année a été très difficile puisque nous devions gérer le pub et l’engouement que celui-ci créait. Nous devions nous adapter rapidement à la demande des clients. Nous avons donc dû apprendre rapidement.

Pub le Randolph

Crédit photo: Le Randolph

Lors de notre entrevue avec les propriétaires de la Revanche, ils nous ont mentionné que la totalité des jeux de société qui composait la bibliothèque de jeux de leur établissement faisait partie de leur collection personnelle. Est-ce que ce fut le cas pour le Randolph également?

Oui tout à fait. Au total, c’est 700 jeux que nous avons donnés à l’entreprise.

À quoi peuvent s’attendre les clients lorsqu’ils vont au Randolph?

Lorsque les gens arrivent, ils se font désigner une table en fonction de la taille de leur groupe. Par la suite, une serveuse vient s’occuper d’eux en prenant leur commande de boisson et/ou de nourriture. Par la suite, un animateur prend en charge le groupe, pose des questions clés pour pouvoir choisir le bon jeu. Il explique les règles aux clients. Ensuite, les clients explorent plusieurs jeux en fonction de leurs préférences.

Y-a-t-il des différences entre vos succursales du Quartier Latin et de Rosemont?

Oui. Depuis quelques mois, un nouveau Randolph a vu le jour à Rosemont. Ce qui différencie les deux pubs, outre l’emplacement, c’est l’espace beaucoup plus grand, le style plus nordique et l’offre de nourriture beaucoup plus vaste. Par exemple, à Rosemont il est possible de commander des côtes levées, tandis que celui du Quartier Latin offre des repas plus simples comme du macaroni au fromage et des paninis. Nos deux pubs offrent les mêmes excellents «drinks» comme notre délicieuse sangria ainsi que nos cocktails signatures. Malgré l’ouverture du Randolph à Rosemont et le fait qu’il est possible de réserver, celui du Quartier Latin ne dérougit pas. Il y a de plus en plus de touristes qui viennent au Quartier Latin tandis que notre clientèle montréalaise se déplace à Rosemont pour ne pas avoir à attendre en file d’attente.

Le Randolph

Crédit photo: Le Randolph

Est-il trop tôt pour parler d’ouverture pour une troisième et même une quatrième succursale?

Oui. Nous allons attendre un peu et nous assurer que la popularité du pub à Rosemont ne soit pas un feu de paille. Nous sommes portés à penser que non. Nous aimerions ouvrir un Randolph sur la Rive-Sud et un autre sur la Rive-Nord de Montréal. À suivre…

Plusieurs parlent de l’âge d’or dans le milieu du jeu de société? Qu’en pensez-vous?

Selon moi, le «hype» du jeu de société a débuté il y a environ 5 ans. Cependant, c’est beaucoup plus long que d’autres milieux avant que ça devienne viral. Par exemple, lorsqu’un film sort au cinéma, le bouche-à-oreille se fait beaucoup plus rapidement que lorsqu’un nouveau jeu sort puisqu’il existe beaucoup moins de pub ludique que de salles de cinéma. Pour cette raison, entre autres, j’aurais tendance à dire que nous sommes actuellement dans la phase embryonnaire de l’âge d’or. Je pense que l’effet Randolph se fait sentir dans tout le Québec. Nous aidons le milieu à prendre de l’ampleur. Ça nous fait vraiment plaisir puisque c’est ça la mission du pub.

Comment expliquez-vous cet intérêt croissant pour le jeu de société?

C’est simple, les jeux sont meilleurs! Ils sont moins longs, plus simples, plus challengeant et plus beau. Tout cela mis ensemble fait en sorte que les gens ont plus de plaisir à jouer et que de plus en plus de gens y jouent.

Y-a-t-il des nouveautés sur lesquelles vous travaillez?

Oui tout à fait. Nous avons créé la caravane ludique. Cela nous permet d’aller animer dans les festivals, les parcs, les campings, etc. Nous avons sélectionné des jeux qui s’adaptent bien à l’extérieur. Par exemple, pendant que je vous parle, notre caravane ludique est au Mondial de la bière. Comme on vend des jeux à même la caravane, les gens qui veulent acheter le ou les jeux qu’ils découvrent peuvent le faire. Aussi, je suis heureux de dire que nous offrons une sélection de jeux en location depuis peu à la Boutique Randolph dans Villeray à Montréal.

Vous faites partie de l’équipe de création de «l’Osti d’jeu». Comment vous est venue l’idée de créer ce jeu?

Nous nous sommes inspirés de la mode pour ce type de jeu. Ce n’est pas seulement populaire ici. Il en existe dans plusieurs pays comme en Russie, en France et en Allemagne. Nous voulions faire le jeu avec une identité québécoise très forte pour que les gens soient fiers d’y jouer.

Vous êtes également l’auteur du jeu «Tue. Fourre. Marie.» D’où vous vient ce goût pour la création de ce type de jeu?

Ça vient tout simplement des observations que je fais au Randolph. Il suffit d’écouter ce que les gens disent. Les gens veulent avoir du plaisir et rire. Et justement, comme ce sont des adultes, ils sont capables de comprendre qu’il s’agit d’un jeu qui ne se prend pas au sérieux. D’ailleurs, tous les éditeurs sont en train de faire des versions «adultes» de leur jeu de party.

Quelles sont les nouveautés à venir?

Mis à part de l’extension secrète de cet automne, il n’y a pas d’autre projet pour cette année. Mais, restez à l’affut pour 2017, nous sommes en train de développer un nouveau jeu qu’on aime beaucoup!

Qu’est-ce que les visiteurs du Salon peuvent s’attendre de voir et faire à votre kiosque?

Bien évidemment, il y a l’extension Souvenir qui vient d’arriver pour l’Osti d’jeu. Il y a une nouvelle extension dont nous sommes extrêmement excités, qui est encore secrète pour le moment. Nous aurons aussi, trois nouveaux jeux que l’on importe de l’Allemagne. Mahé, Ciao Ciao et Die Fiesen 7 (Les 7 vilains). On a entré dans notre catalogue de distribution la semaine dernière le jeu de quilles finlandaises fabriqué par la compagnie Ste-Sauvage. C’est un produit fait à la main ici au Québec avec du bois recyclé.

Extension souvenir

Crédit photo: L’Osti d’jeu

Est-ce que vous êtes plutôt steak, blé d’Inde ou patate?

Blé d’Inde!

Bishop Games: faire la lumière sur les studios «indie»

bishop games

La ville de Québec est reconnue pour être un lieu de création dans le monde du jeu vidéo avec des compagnies comme Ubisoft, Frima et Beenox. Il existe également beaucoup de studios indépendants, connus sous le nom de studio «indie» dans le milieu. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec l’un des cofondateurs de Bishop Games, Benoît Archer.

Parlez-nous de Bishop Games. Comment a-t-il été fondé?

Bishop Games c’est une vision, un désir de trois entrepreneurs, Mathieu, David et moi-même, qui veulent tenter leur chance dans le milieu du jeu vidéo. Outre David qui était programmeur chez Frima et Bkom, Mathieu et moi sommes des nouveaux dans le milieu. On a donc dû apprendre sur le tas. Je connais Mathieu depuis le secondaire et David a été présenté à nous par un ami commun. Une soirée autour d’une bière, Mathieu et David décidaient de démarrer le projet. Je me suis joint à eux quelques temps après. Au mois de mars, ça fera 3 ans que Bishop Games aura vu le jour.

Pourquoi avoir choisi le nom de Bishop Games?

La pièce du fou aux échecs est appelée bishop en anglais. On a choisi le nom puisque nous voulons faire notre propre chemin dans l’industrie, tout comme le fou aux échecs. En plus, les autres noms de domaine étaient déjà pris et on n’avait pas d’argent pour les acheter!

Pourquoi décide-t-on de créer un studio de jeu «indie»?

Évidemment, il faut être passionné par le jeu vidéo. Je me souviens que je jouais à Duke Nukem sur l’ordinateur avec mon père lorsque j’étais très jeune. Les jeux vidéo ont toujours fait partie de ma vie. Aussi, on aimait bien l’idée d’être notre propre patron. On peut donc créer les jeux comme on le veut, toujours en tenant compte du «feedback» que l’on reçoit.


Quels sont les jeux développés par votre studio?

Depuis la création du studio, on a fait quelques petits projets dans des concours, mais le projet principal depuis la création de Bishop Games, c’est Light Fall. Il s’agit d’un jeu de plateforme immersif en deux dimensions qui s’apparente à Mario Bros et Donkey Kong, mais Light Fall innove sur deux plans :
1- La mécanique du jeu présente une nouveauté originale. Le design de chaque niveau comporte une partie statique, mais chaque joueur crée son propre parcours puisqu’il contrôle sa propre plateforme sous ses pieds.
2- L’histoire prend une grande place. Grâce à Tim Simmons qui prête sa voix au hibou Stryx, le narrateur de l’histoire, il est en mesure de nous plonger directement dans le récit et rend le tout très immersif par le fait même.

Plateforme Light Fall

Comment se déroule le processus de création dans un studio indépendant?

C’est très personnalisé selon le studio. De notre côté, on a eu des emplois sur le «side» pour payer nos comptes. On a choisi de ne pas se verser de salaire et de tout réinvestir dans la compagnie jusqu’à tout récemment. Au niveau de la production, comme nous étions seulement trois (maintenant quatre depuis peu), si l’un de nous tombait malade pendant une semaine, c’est certain que notre horaire en était affecté. Aussi, comme la création de jeux est rendue plus accessible et qu’il y a de plus en plus de studios «indie», ça nous pousse à innover et à créer le meilleur jeu possible pour qu’il se démarque et que notre compagnie se démarque par le fait même.

Quel a été l’impact de votre campagne Kickstarter?

On se faisait dire que notre jeu était bien dans les différentes conventions dans lesquelles on le présentait. C’était toutefois plus difficile d’obtenir du financement, avec quelques tentatives infructueuses. Puis en 2015, on a tenté notre chance sur Kickstarter. La campagne a été menée à terme avec le dépassement de l’objectif de 20 000 $ que l’on c’était fixé. On s’est rendu compte que les gens étaient prêts à mettre de l’argent sur notre jeu puisqu’on a pu compter sur le soutien de 600 «backers». Ça nous a apporté de la crédibilité et de la confiance. Cette année, on continue de surfer sur la vague du Kickstarter. Tout d’abord, on a remporté le premier prix de Catapulte, un programme provincial qui a pour but d’accélérer le développement des studios de jeu indépendant, le tout assorti d’une bourse de 50 000$, d’un hébergement d’un an au Camp et d’un accompagnement d’Ubisoft pour le développement de notre jeu. Par la suite, notre jeu a été sélectionné par le Fond des Médias du Canada. Nous sommes l’un des 14 projets sélectionnés au Canada pour le programme Innovation-Expérimentation et nous en sommes très fiers.

Parlez-nous du jeu Light Fall?

C’est le jeu sur lequel on travaille depuis maintenant deux ans. Le joueur pourra choisir entre deux modes de jeu. Le premier mode est le mode histoire. Le joueur découvre alors un monde étrange où il fait toujours noir. Le joueur essaie de comprendre pourquoi il est là. Il tente de trouver des indices sur son passé tout en complétant les tableaux du jeu avec l’aide du narrateur. Le passé du personnage est directement lié avec la quête principale du jeu. Puis, on s’est rendu compte que notre jeu s’adapte très bien au «speed run», qui consiste a terminé chaque niveau et par le fait même le jeu, le plus rapidement possible. On a donc adapté chaque niveau à cet effet. Dans ce mode, il n’y a aucune histoire et on a ajouté des obstacles et des ennemis pour rendre le tout plus difficile, concluant le tout avec un tableau des meilleurs temps en ligne pour inciter la compétition.

Bishop Games Light Fall

Est-ce qu’il y a une version bêta disponible?

Il n’y a pas de version bêta présentement en vente ou disponible pour essai. La seule version disponible est celle que nous avons pour les conventions dans lesquelles nous sommes présents. Nous aurons une version en test dans les laboratoires d’Ubisoft en septembre. Si tout ce passe bien, nous aurons cette nouvelle version plus avancée pour le Salon du jeu et du jouet.

La sortie du jeu Light Fall est prévue pour …?

Juillet 2017 si tout se passe bien. On veut faire le lancement pour PC, PS4 et Xbox One en même temps.

Qu’est-ce que les visiteurs pourront voir à votre kiosque?

Évidemment, ils pourront essayer notre jeu. Aussi, nous essayerons d’avoir des t-shirts et autres cadeaux. Ultimement, ça nous fera plaisir de discuter avec eux!

Pour plus d’informations, veuillez visiter le http://bishopgames.com/

Crédit photo: Bishop Games

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