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Olivier Rolko: de la réalité au rêve de Gaïa

Le 15 novembre dernier, lors de la dernière journée du Salon du jeu et du jouet, les Trois Lys remettaient les prix aux gagnants des meilleurs jeux, mais aussi le prix «Auteur d’ici». Celui-ci a été remporté par Olivier Rolko, auteur du jeu Gaïa. Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec lui.

D’où vous vient la passion pour les jeux de société?
Depuis mon enfance, je joue à des jeux avec mes cousins, mon frère, ma famille. J’ai toujours aimé joué à des jeux avec mon entourage.

Quelle est le processus de création d’un jeu de société?
C’est un long cheminement. Le tout part d’une idée qui peut être spontanée ou réfléchie sur plusieurs mois voire sur plusieurs années. On peut également s’inspirer d’un thème ou d’un mécanisme d’un jeu qu’on aime bien. C’est exactement ce que j’ai fait Gaïa, dont l’inspiration, vient entre autres des Colons de Catane. C’était à une période où j’y jouais beaucoup. Je trouvais cela dommage que le plateau soit fixe. Je suis donc parti de l’idée de créer un jeu dans lequel le plateau évolue en cours de partie.

Plateau de jeu Gaïa

Crédit photo: TIKI Éditions

Une fois que l’on croit que le jeu est prêt, il est maintenant le temps de le tester à petite échelle. L’idéal est d’avoir un groupe de joueurs avec un bon sens critique, car on veut y recevoir des avis constructifs et non des éloges. Pour ma part, comme ma famille aime jouer à des jeux de société, j’ai pu me servir de leur « feedback » pour y apporter des correctifs. Mes amis et mon entourage ont également aidé à l’amélioration du jeu en l’essayant. Ensuite, il faut élargir le bassin de joueurs. Je ne crois pas que l’on doit se priver de montrer son prototype aux autres et d’en parler par peur de se faire voler son idée. Plus nombreux seront les gens qui y joueront pendant la phase de tests, plus nous recueillons de commentaires et pouvons l’améliorer.

J’ai également pu profiter des Journées ludiques de Québec pour tester Gaïa. J’y ai joué avec le public, mais le jeu a aussi été évalué par un jury.Les juges présents lors de cette journée sont des personnes de l’industrie avec beaucoup d’expérience qui, à leur tour, testent et émettent des commentaires sur le jeu pour déterminer le gagnant du Plateau d’Or. Ma participation à cette journée m’a permis de me faire connaître du public et des gens de l’industrie. Gaïa y a gagné le prix du public. C’est d’ailleurs grâce à ma participation aux Journées ludiques de Québec que j’ai pu obtenir le contrat avec TIKI Éditions, l’éditeur du jeu Gaïa.

Est-ce que Gaïa est la première création d’Olivier Rolko?
Non. J’ai déjà créé d’autres jeux de société pour mon plaisir. Cependant, ceux-ci n’ont jamais franchi l’étape du test hors de mon cercle fermé et sont encore à l’état de prototype. Gaïa est ma première création qui se retrouve sur le marché et j’en suis très fier.

Est-ce que ces jeux qui sont encore aux premières étapes de création se retrouveront un jour sur le marché des jeux de société?
C’est bien possible. Je ne suis pas fermé à l’idée. Toutefois, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse pour l’instant. En ce moment, je suis davantage porté vers les nouvelles créations, mais je pourrais bien puiser dans mes anciennes idées lorsqu’elles auront mûri.

Quelles sont les forces de votre jeu?
L’une des forces de Gaïa est le fait que l’on a toujours des chances de gagner, peu importe à quel moment nous sommes dans la partie. Contrairement à d’autres jeux où l’on peut pratiquement déterminer un gagnant après quelques tours. Aussi, comme le jeu est modulable, c’est-à-dire que l’on peut ajouter ou enlever des règlements selon notre niveau, tous les joueurs y trouvent leur compte.

Quel jeu de société aimeriez-vous avoir créé? Pourquoi?
Je dirais 7 Wonders. C’est un jeu qui se joue de 2 à 7 joueurs. Tout le monde joue en même temps et la durée d’une partie est de seulement 30 minutes. Les parties s’enchaînent donc très rapidement et facilement. Aussi, j’aime bien le fait que le jeu demande une certaine stratégie en plus d’une interaction avec ses voisins de jeu. Bravo à l’auteur Antoine Bauza pour son jeu!

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaiterait créer un jeu de société?
Je lui dirais de persévérer. Le processus de création est long et ardu. Il y a des hauts et des bas. La première idée que l’on a est rarement celle qui restera à la fin. Il ne faut pas avoir peur de repartir à zéro et de revoir son concept. Aussi, je lui dirais de croire en ses idées. Si elle n’y croit pas, personne n’y croira.

Avez-vous d’autres projets en vue?
Je travaille présentement sur une extension de Gaïa. Si tout se déroule bien, elle devrait paraître vers la fin 2016.

Gaïa

Peut-on vivre de la création de jeux de société?
J’ai l’impression que vivre de ses créations est très difficile, tant pour un auteur de livre qu’un auteur de jeu. La rémunération de l’auteur de jeu se fait selon un pourcentage du montant de la vente aux distributeurs (et non du prix affiché en magasin), généralement entre 3 et 8 %. Au final, il n’y a pas grand-chose qui revient dans les poches de l’auteur. Donc, à moins d’avoir plusieurs jeux qui sont de grands succès, c’est très difficile. Je pense à Bruno Cathala qui a plusieurs jeux primés et qui fait également de la consultation pour arrondir ses fins de mois. Disons qu’on le fait plus par passion que pour devenir riche. Pour ma part, je suis travailleur autonome. Je suis chargé de projet pour des maisons d’éditions dans le milieu du livre.

Quels sont pour vous les clés du développement du jeu de société pour les prochaines années, de quoi a-t-il besoin?
Le jeu de société est présentement en train de se démocratiser. Les familles y jouent de plus en plus. On voit également l’apparition des bars à jeux comme le Randolph et la Revanche pour ne nommer que ceux-là. À mon avis, des jeux simples, accessibles et de courte durée viennent chercher le grand public. Toutefois, il ne faut pas délaisser les puristes et ne pas avoir peur d’innover. Ceux-ci semblent chercher des jeux plus immersifs, dans le style des livres dont vous êtes le héros.

Selon toi, est-ce que les Trois Lys est responsable en partie du développement que connaît le jeu de société?
Au départ, leur rôle était beaucoup plus local. Après 8 ans, la répercussion se fait maintenant sentir à l’étranger. Les autres pays reconnaissent maintenant la valeur du prix des Trois Lys. Il en va de même pour les joueurs du Québec.

Es-tu plus Star Wars ou Star Strek? Pourquoi?
Je dirais Star Wars. Je n’ai vu ni l’une ni l’autre de ces séries. Star Wars m’apparaît plus comme un film d’aventure avec les fusils laser et les combats d’épées. À vrai dire, je suis plus fan de la série des films Le Seigneur des anneaux.

Pour plus d’informations veuillez visiter http://tikieditions.com/gaia/?lang=fr

One comment

  1. GREGO

    Le

    Reply

    Bonjour,
    je suis créatrice des jeux éducatifs éco-citoyens, des jeux primés au concours Lépine, France Europe inventeurs etc….Ma question: combien demanderiez-vous à une entreprise qui vous demande de leur créer un jeu?
    MAIL: gwladysgrego@gmail.com

    FELICITATION!!!!!!!!

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