Artistes

Marie-Claude Bourbonnais : de «cosplayer» à entrepreneure

Contrairement aux États-Unis où le «cosplay» fait partie intégrante de la Pop Culture, au Québec, il commence enfin à se répandre dans les salons et conventions. La découverte de l’artiste costumadière (terme français pour «cosplayer») Marie-Claude Bourbonnais a largement contribué à l’éclosion du cosplay chez nous. Voici l’entrevue que nous avons réalisé avec la «cosplayer» la plus populaire du Québec : Marie-Claude Bourbonnais.

Que faisiez-vous avant d’être costumadière?
J’avais un travail de bureau, mais comme j’avais une formation en design de mode, j’avais aussi des contrats pour réaliser des robes de bal, des costumes pour des écoles de danse…  Comme j’aime vraiment coudre et créer, mes temps libres étaient pratiquement tous consacrés à la couture et à la création de costumes.

Quel a été l’élément déclencheur de votre carrière de costumadière?
J’ai d’abord été connue du public comme modèle. À cette époque, j’avais demandé à un ami photographe s’il accepterait de faire autre chose avec moi que de la photographie glamour et il avait accepté. J’avais donc créé le costume de Frost. Il s’agit d’un personnage de Mortal Kombat, un jeu vidéo très populaire que j’aimais particulièrement quand j’étais adolescente. J’avais choisi ce personnage à cause de ses cheveux courts blonds. J’ai donc demandé à un ami de me prendre en photo avec mon costume. Sur les réseaux sociaux, l’intérêt suscité pour les photos de mon personnage de Frost m’avait poussé à faire des recherches qui m’avaient menée vers le «cosplay». J’y ai alors découvert un univers que j’adore et une industrie immense aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

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Crédit photo: Gil Perron

Depuis combien de temps effectuez-vous ce travail?
J’ai découvert le «cosplay» à la publication des photos de Frost en 2009, mais depuis 2010, c’est mon travail à temps plein. J’assiste à une quinzaine de salons/foires/conventions à chaque année depuis maintenant 5 ans.

Combien d’heures par semaine cela vous demande-t-il?
Cela prend tout mon temps. Je suis impliquée à tous les niveaux: de la comptabilité en passant par le dessin des patrons, aux commissions pour me procurer le matériel nécessaire à l’entière réalisation des costumes. Je dois également gérer mes messages et les réseaux sociaux. Donc, pour répondre à votre question, je ne compte pas vraiment les heures que je passe à faire progresser mon entreprise, mais en période de rush, les semaines de 100 heures sont choses plutôt courantes.

Quels sont les projets dans lesquels vous êtes impliqués?
Depuis août 2010, je suis impliquée dans la série web «Heroes of the North». Il s’agit d’une série sur des super-héros canadiens qui est produite à Montréal. Le personnage que j’incarne dans la série se nomme Hornet. Sur le site Heroes of the North, les gens peuvent écouter les épisodes et lire les «comicbooks» en ligne.  Ce qui est intéressant, c’est que la série web et les livres racontent une histoire complémentaire. En suivant les deux, on obtient l’histoire entière. Plusieurs produits Heroes of the North sont disponibles, en plus des comic books : un DVD de la série, un livre de photos, des figurines et de nouvelles poupées à l’échelle 1:6 à l’effigie des personnages de la série.  La poupée de Hornet a été produite plus tôt cette année. Pour la saison 2 de cette série (à venir), en plus de jouer Hornet, j’ai également produit 7 costumes en cuir sur mesures pour différents acteurs.

Aussi, depuis 2011, je collabore avec la compagnie américaine Soda Pop Miniatures qui œuvre dans le domaine du jeu de table. Soda Pop se distingue par leur visuel qui s’approche beaucoup de celui de l’animé japonais. C’est très différent des jeux de table que nous sommes habitués de voir ici au Québec. Les jeux sont recommandés pour les adolescents et les adultes. La compagnie m’a introduite dans tous leurs univers en créant le personnage Marie-Claude. Il y a donc une «miniature» de mon personnage dans chacun de leurs jeux.

Crédit photo: Marie-Claude Bourbonnais

Crédit photo: Marie-Claude Bourbonnais

Comment déterminez-vous les costumes/personnages que vous incarnez pendant un événement? 
Il faut que le costume soit un coup de cœur et que le personnage me plaise. Je le regarde toujours avec mes yeux de costumière. Je recherche les costumes qui représentent un défi technique et qui m’amèneront à développer de nouvelles compétences. Comme je réalise entièrement chacun de mes costumes, je dois avoir du plaisir à le produire. Cependant, il arrive que la demande soit tellement forte pour un costume dans un salon que j’écoute mes fans que je réponds à leur demande.

Combien de temps peut prendre la réalisation d’un costume?
Le temps pour réaliser un costume varie grandement d’un projet à un autre. Le niveau de complexité dépend des matériaux utilisés et du design. Il m’arrive de passer 100 heures sur une création.

Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets?
La première partie de 2015 a été consacrée à la réalisation d’un énorme robot tiré du jeu Relic Knights’ que Soda Pop Miniatures m’a commandé. Pour le reste de l’année, je vais me concentrer sur la création de nouveaux costumes.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre travail de costumadière?
J’apprécie le fait que la réalisation de chaque costume me permet de me dépasser. J’aime le contact avec la matière et pouvoir travailler régulièrement avec de nouveaux matériaux. Cela fait en sorte que j’apprends de nouvelles techniques. Aussi, le «cosplay» me permet de voyager un peu partout dans le monde et de rencontrer en personne des gens qui suivent mon travail en ligne depuis des années.

Dans votre vie personnelle, avez-vous le temps de jouer à des jeux de société, jeux vidéo, modélisme, etc.? Si oui, lesquels?
J’adore les animés japonais et je regarde au moins un épisode presque chaque soir avant de me coucher.  Mais je vous mentirais si je vous disais que je lis des comic books, joue à des jeux vidéo, des jeux de table et regarde des animés tous les jours. Je consacre la majorité de mon temps à la confection de costumes, d’accessoires et de décors. Mon horaire est très chargé, surtout lors des conventions. Ceci dit, je fais toujours des recherches approfondies sur les personnages que je choisis pour mes «cosplay».  Je lirai tous les «comics» nécessaires ou écouterai des séries entières avant de me lancer dans la production d’un costume spécifique. Je veux connaître le personnage dont je fabriquerai le costume.

À partir de sa passion, Marie-Claude Bourbonnais a réussi à construire une entreprise autour d’un univers artistique et ludique qui gagne en popularité au Québec.

Pour vous procurez des jeux Soda Pop Miniatures dans lesquels Marie-Claude Bourbonnais figure, rendez-vous sur sa boutique en ligne.

Ludovica Miniland : la construction d’un rêve

Ludovica Miniland, c’est le plus grand parc architectural en micro-briques en Amérique! L’équipe du Salon s’est entretenue avec son concepteur, un gars de la ville de Québec, Gilles Maheux.

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Gilles Maheux Concepteur

Présentez-nous Ludovica Miniland.

C’est en fait un rêve que j’ai décidé de réaliser. Avec le temps, je me rends compte que plusieurs personnes ont ce même rêve. C’est une aventure père-fils qui perdure depuis plus de 5 ans. Ludovica Miniland, c’est la reproduction, à petite échelle de différentes villes et différents monuments que l’on retrouve partout à travers le monde, que ce soit le Burj Khalifa, la tour Willis, l’Empire State Building, le château Frontenac, la cité interdite et bien plus encore!

Pourquoi le nom Ludovica Miniland?

Au départ, la ville devait seulement représenter la Nouvelle-France. Nous voulions aussi rendre hommage à Samuel De Champlain qui voulait créer une grande ville en Nouvelle-France qu’il aurait appelé Ludovica.

Comment vous est venue l’idée?

Cela a commencé lorsque j’ai acheté un jeu de construction de micro-briques à mon fils. Je travaillais alors dans le domaine de la construction et mon fils venait voir les plans architecturaux sur lesquels je travaillais à la maison et tentait de les recréer avec ses blocs. Je me suis mis à l’aider à reproduire les plans et je me suis rendu compte que j’aimais ça également. 15 ans plus tard, Ludovica Miniland vit le jour.

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Depuis quand est-ce votre travail à temps plein?

En 2010, je voulais arrêter de travailler pendant un certain temps. Finalement, j’ai pris 3 mois sabbatiques. J’ai consacré beaucoup de temps à construire des bâtiments en micro-briques. J’ai tellement été sollicité durant ce temps pour exposer, que j’ai décidé de m’y consacrer à 100% depuis.

Quelle est la grosseur totale de votre parc?

Entre 12 et 13 000 pieds carrés. L’exposition est tellement grosse que nous sommes en mesure de la diviser en plusieurs sections et de la présenter dans plusieurs villes en même temps. Certaines villes sont d’ailleurs construites en double comme New York, Chicago et Montréal.

À quoi les visiteurs peuvent s’attendre au Salon?

Les visiteurs en auront certainement plein la vue! Je tente toujours d’adapter mon exposition en fonction de la clientèle présente. On peut donc s’attendre à une exposition un peu plus fantaisiste et qui sort de l’ordinaire. On y verra également peut-être des grandes premières.

Où peut-on voir votre exposition présentement et à quel(s) endroit(s)?

Depuis le 31 août, les Promenades Beauport sont l’hôte d’une exposition. Le tout dure jusqu’à la fin du mois de septembre. Aussi, depuis le début de l’été, le musée Grévin de Montréal a l’exposition qui a comme thème «Megaworld». Elle bat des records d’assistance et elle est présente jusqu’au 4 octobre. Il y en a une également à Windsor dans le Maine. Je suis en discussion pour présenter une exposition à Salem dans les prochains mois qui aurait comme thématique l’Halloween. On parle aussi de la possibilité d’avoir une exposition permanente dans la ville de Québec.

Pour plus d’informations, visitez le http://www.ludovicaminiland.com/

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